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TEMOIGNAGES

Poèmes pour le centenaire

Les deux poèmes suivants ont été écrits par les enfants des rues recueillis à la « Casa de Frei Francisco » créée par Dom Helder Camara.(« Casa de Frei Francisco » (Maison de Frère François »)

Ils constituent ce que l’on qualifie de littérature « de cordel », une tradition du Nordeste brésilien : des livrets sont vendus dans la rue, chevauchant un cordeau ou une ficelle tendue, d’où le nom.

CENT ANS DE DOM

Il y a cent ans qu’il est né ;

Pour la Paix du Monde il a lutté.

En 2009, il aurait eu cent ans

Et le monde fête ses présents.

S’il était encore ici,

Il serait très chéri.

Il a beaucoup aidé les gens

Et les a rendus toujours très contents.

Durant ses 90 ans passés,

Il a offert tous ses prix bien mérités.

Avec eux, il a construit un foyer

Où de nombreux enfants sont aidés.

Tout au cours de sa vie,

Il a eu beaucoup d’amis.

Et longtemps, même à l’infini,

Du Père Henrique, il a senti la nostalgie.

Au palais de Manguinhos, il a refusé d’habiter,

Mais pour l’Eglise des frontières, il a opté.

Une vie simple, il a eu

Et près des pauvres toujours il fut.

Ne pouvant plus respirer, il s’en est allé,

Près de Dieu, il est resté.

Pour toujours il y demeurera,

Et de nombreux souvenirs, il nous laissera.

L’heure est venue de nous quitter.

Merci d’avoir lu ceci tout entier.

Beaucoup de choses nous avons appris

Et avons parlé de ce que l’on a compris.

Auteurs : Cáthaly Pâmela, Jéssica Maria, Katilye Oliveira, Ricardo Silva, Thayná Rodrigues.

UNE HISTOIRE DE DOM

Le Dom dont nous allons parler

N’est pas un don que l’on peut avoir.

C’est celui du « Dom de la Paix »

Et c’est un peu de cette histoire

Que nous allons vous conter.

Helder est devenu Prêtre et Archevêque

Il en a gagné un « Dom » devant son nom.

Il a alors couru de grands risques

Et fut persécuté par beaucoup de puissants.

En défendant le peuple, Dom Helder fut un guerrier ;

Ils ont tué le Père Henrique,

En le laissant être accusé ;

Mais personne ne faisait taire le Dom,

Ni le dernier, ni le premier venu.

Avec tout le courage d’un brésilien,

Il aimait aider le monde entier.

Avec une façon d’être

Qu’il te fallait connaître.

Il envoyait des messages de paix,

A la manière d’un brave garçon.

Et avec ces messages qu’il répandait

Il réconfortait le peuple qu’il aimait.

De nombreux pauvres, il a rendu heureux

En réduisant ces différences dont jamais il n’a voulu.

Tout le monde était frère, le monde entier l’était,

Et avec lui, il partageait le pain.

Helder était un prêtre bon ;

Il aimait rêver et y mettait tout son Dom.

C’est bien qu’à l’autel il soit monté,

Pour, avec son peuple, prier.

Conter cette histoire est difficile,

Mais on ne peut pas dire que ce fut un sacrifice.

Nous avons aimé faire ce livre de cordeau,

Et nous souhaitons que Dom ait aussi aimé, là au ciel.

Auteurs : Alessandra Maria, Elizama Lima, Roseane Barbosa, Tales Bonfim, Valentina Silva.

Selon l’auteur de cet article diffamatoire, Dom Helder Camara aurait été une « chemise verte » dans les années 30 - fasciste, disciple de Hitler et Mussolini – mais se serait orienté après dans le sens opposé et beaucoup le considèrent, alors, comme communiste. Il se serait transformé en admirateur de Fidel Castro, avec Ernesto Che Guevara et Camilo Torres comme modèles…

Aujourd’hui, ces accusations nous semblent ridicules ; mais dans ces temps troubles du Vietnam, de la guerre froide et des cendres mal refroidies de Mai 68, elles suffirent pour ternir une partie de l’éclat de la candidature.

La télévision norvégienne a dénoncé aussi l’action du Suédois Torre Munch qui était parvenu à convaincre cinq membres du Comité Nobel de voter contre. Ce Munch était un ami personnel d’au moins deux d’entre eux : Sjur Lindebralkke, le plus grand banquier de Suède à l’époque, président de la Privat Bank de Bergen, et Bernt Ingvaldsen, président du parlement norvégien et vice-président du Comité.

Insatisfaits, les partisans de la candidature de Dom Helder la ratifièrent les trois années suivantes, et la presse lui donna toujours son appui. En 1973, elle était de nouveau qualifiée de virtuellement victorieuse. Le 17 octobre, pourtant, alors qu’il se préparait pour célébrer la première messe du jour, à 6 heures du matin, Dom Helder recevait par téléphone la nouvelle de l’attribution du Nobel de la Paix de l’année au Nord-Américain Henry Kissinger et au Vietnamien Le Duc Tho, le duo qui avait négocié la fin de la guerre du Vietnam.

Pour lui personnellement, ces défaites ne signifiaient rien. Il est clair qu’il les regrettait, parce que les causes qu’il défendait auraient beaucoup gagné avec la victoire, mais jamais il ne se laissa abattre.

En décembre de cette même année 1973, quand la Déclaration universelle des droits de l’homme célébrait son vingt-cinquième anniversaire (et que, a contrario, au Brésil, l’Acte Institutionnel n°5 marquait sa cinquième année), Dom Helder était à Houston, aux Etats-Unis, et déclarait dans une conférence : « Quand on lit et relit cette Déclaration, qui est une synthèse des plus hautes et plus pures aspirations de la personne humaine, on vérifie que tous ces droits sont loin d’être devenus réalités (…). Ou bien cette Déclaration est méprisée et considérée comme un papier de plus, parmi beaucoup d’autres lettres mortes, ou bien elle sera chair de notre chair, sang de notre sang, partie de notre âme. Nous n’avons pas le droit de simplement avoir d’aimables discussions sur des affaires aussi graves, pour ensuite ne faire rien. »

(Article publié dans la Revista Teoria e Debate de la Fondation Perseu Abramo, n° 81, mars-avril 2009)

Un exemple, mais pas facile à suivre

Les citations ci-dessous sont tirées du flot de paroles et d’écrits suscités au Brésil par le centenaire de la naissance de Dom Helder :

 « J’ai pu assister à la célébration du centenaire à Ponte de Carvalhos (à 25 km de Recife) : des milliers de personnes, vingt et un évêques, et carnaval avec des musiques chères au Dom. A Recife, au pied de sa statue inaugurée sur la place de l’église das Fronteiras, les fidèles déposent des bougies : saint Helder, disent les orphelins… » (Courriel).

 « Son action était en défense de la cause des pauvres, qui coïncide avec la cause de Dieu » (Dom Marcelo Carvalheira, archevêque émérite de João Pessoa).

 « Dom Helder est un exemple pour l’Église, mais il n’est pas facile de le suivre… », « Citoyen du monde et apôtre de l’Église du Christ », « C’est l’heure de voir en Dom Helder le patron de cette incomprise Église d’Amérique latine, et de le proclamer saint protecteur de notre continent » (Dom Demétrio Valentini, évêque de Jales, SP).

 « La fin de la vie de Dom Helder a été très douloureuse. Il a continué à dire ce qu’il pensait et il devait le faire, mais il savait que ses paroles n’étaient pas bien reçues par son successeur » (Dom Clemente Isnard, o.s.b., ancien vice-président de la CNBB).

 « Dom Helder en est venu à être un évêque paradigmatique, une référence inévitable quand on parle (en on en parle) de l’Église engagée, de la solidarité avec toutes les grandes causes des pauvres, des causes du Royaume… Il en est venu à être la référence maximum quand on parle de cette Autre Église Possible, de cet Autre Monde Possible, nécessaire, urgent. Sans violence toujours, espérant et semeur d‘espérance … Son geste des bras ouverts qui allongeait sa petite taille reste une invitation à l’aventure de la compassion fraternelle et de la prophétie toujours en action » (Dom Pedro Casaldaliga, évêque émérite de São Felix do Araguaia).

 « La plus grande figure politique de l’histoire de l’Église du Brésil » (Elio Gaspari, auteur d’une histoire de la dictature des généraux).

 « Ce que beaucoup de secteurs de l’Église craignaient, c’était le nouveau style d’évêque qu’il proposait… Dom Helder a été dépassé par les événements de l’histoire et de sa mort. Prophètes et prophétisme ne sont plus à la mode aujourd’hui. (Dom Aloisio Fragoso, o.f.m., évêque émérite de Crateus, Ceará).

 « Figure discutée par les uns, persécutée par d’autres, extrêmement aimée par les pauvres et les marginalisés de Recife et du monde, avec une projection internationale, dans et au-delà des milieux chrétiens, comme aucune autre personnalité de l’Église du Brésil n’en a jamais connue dans toute notre histoire » (Dom Edvaldo G. Amaral, salésien, évêque émérite de Maceió, Alagoas).

 « Un prophète qui parlait merveilleusement, ne disait pas des mots d’intellectuel, mais vous perceviez qu’il était quelqu’un de profond, qui était en intimité avec Dieu… Un prophète, homme qui voit le monde avec les yeux de Dieu » (Dom Luiz Soares Vieira (archevêque de Manaus, Amazonie, vice-président de la CNBB).

 « Dans le bon sens du terme, il était un homme religieux populaire latino-américain qui captivait les cœurs des gens par son charisme et sa foi. Sa lutte pour le développement latino-américain et les droits humains ont défini de manière significative le catholicisme de libération au Brésil et dans toute l’Amérique latine. Ses actes et ses paroles ont eu un impact parmi les catholiques et autres personnes de foi en Amérique du Nord, en Europe et bien au-delà.

Dom Helder a fait le passage du défenseur de la violence au promoteur de la paix. Il a alors renoncé aux tentations toujours plus séductrices du pouvoir et des honneurs ecclésiastiques. S’il avait accepté d’ « entrer dans le schéma », Dom Helder aurait pu se retrouver cardinal et, s’il s’était articulé avec les militaires, peut-être même archevêque de Rio de Janeiro ou de Sao Paulo. Il rejeta toutes ces possibilités afin de pouvoir se positionner au côté des pauvres » (Kenneth P. Serbin, historien américain, professeur à l’Université de San Diego).


Du Fr. Michel, de Taizé : « Une profonde syntonie » Frère Michel, responsable de la fraternité des frères de Taizé à Alagoinhas, au Brésil, a écrit ce témoignage sur Dom Helder Camara. Deux jours après l’avoir écrit, le 24 février 2009, frère Michel est mort accidentellement, à l’âge de 73 ans, alors qu’il se trouvait en Australie. Frère Michel vivait en Amérique latine depuis 1966. L’école pour enfants sourds et aveugles, créée par frère Michel, est bien connue au Brésil.

Dom Helder Camara était un grand orateur. Il savait entraîner une foule, avec fougue et sincérité, parlant en langage poétique. Dans l’intimité, il était plutôt timide. Mais avec frère Roger [Schutz, fondateur de la communauté de Taizé], il se sentait tout à fait à l’aise. Entre les deux hommes s’est établie une profonde syntonie, une communion spirituelle toute de confiance, ils avaient une même largeur de vision et un même souci de mise en pratique immédiate. Ils avaient une foi ouverte à l’aujourd’hui de Dieu.

Pendant le Concile Vatican II, Dom Helder Camara, Dom Manuel Larrain, évêque de Talca au Chili, et frère Roger se voyaient souvent. Dom Helder était secrétaire de la Conférence épiscopale brésilienne, Dom Manuel président de la Conférence des évêques latino-américains, et frère Roger était simple observateur. Mais ils avaient en commun une même fougue spirituelle.

Pendant et après le Concile, Dom Helder a passé à Taizé plusieurs fois, et les rencontres avec frère Roger étaient toujours une fête où surgissaient toutes sortes de projets, pour l’Église et pour les pauvres. Et frère Roger a pensé qu’il fallait aller en Amérique latine pour lui rendre ses visites.

En 1966, j’ai alors fait un long voyage a travers le Brésil, l’Uruguay, l’Argentine, et le Paraguay pour arriver finalement à Recife, diocèse de Dom Helder. Dès 1967, à la demande de Dom Helder, s’est établie dans son diocèse, à Olinda, une fraternité de quelques frères de Taizé ensemble avec trois moines bénédictins du monastère d’Olinda. Nous y sommes restés jusqu’en 1972. C’était une époque difficile, avec un régime militaire qui s’est durci à partir de 1968.

En 1969, pour atteindre Dom Helder, la police politique a tué le jeune prêtre Enrique Pereira, responsable de la jeunesse, et jeté son corps sur le terrain de l’université. Dom Helder a célébré la messe de l’enterrement. Puis, à pied, le cortège s’est dirigé vers le cimetière, par une des grandes artères de Recife. Des deux côtés, l’armée avait aligné de jeunes soldats, armes à la main.

Dom Helder marchait à la tête du cortège. On chantait des chants religieux, et aussi l’hymne national, tant de fois que c’est ainsi que je l’ai appris par cœur ! A l’arrivée du cortège au cimetière, après plus de deux heures en plein soleil, des soldats étaient là, couchés, en position de combat. Il aurait suffi d`un geste ou d`une parole inconsidérée d`un des jeunes pour provoquer un bain de sang. Alors Dom Helder a fait un appel ému, demandant à tous ceux qui étaient là de partir, disant que chacun avait fait son devoir envers le défunt. Après un moment d’hésitation, tout le monde s’est retiré.

Peu de temps après, le cardinal Lercaro, de Bologne, est venu à Recife pour une visite de solidarité. Il a appris que Dom Helder continuait à sortir à pied dans la rue et qu’il acceptait d’entrer dans la première voiture qui s’arrêtait pour le conduire. Le cardinal lui a demandé si ce n’était pas imprudent, s’il n’avait pas peur. Dom Helder a répondu : « Si je commençais à avoir peur et si je prenais des précautions, je ne pourrais plus rien faire.

Ma seule protection est de ne pas avoir peur. » Le cardinal a encore demandé : « Qu’est-ce qui est le plus difficile dans cette situation ? » Dom Helder : « Avoir perdu des privilèges. Quand j’étais secrétaire de la conférence épiscopale, j’avais une ligne directe avec le président de la République. Maintenant, aucun media au Brésil ne peut même mentionner mon nom. Hier je suis allé à l’armée pour intercéder en faveur d’un jeune en prison. Après une heure d’attente, le commandant m’a fait dire par une jeune recrue qu’il n’avait pas le temps de me recevoir aujourd’hui. »

Dans les années 1970, nous avons organisé plusieurs rencontres de jeunes, les premières en ce temps de lente sortie de la dictature militaire. Dom Helder était encore interdit de parler en public. En 1973, pendant une rencontre de jeunes que nous avons organisée à Campina Grande, à 3 heures de voiture de Recife, sans que personne ne le sache, un pasteur méthodiste nord-américain a amené Dom Helder en voiture. Quand les jeunes l’ont vu à l’église, un courant de joie a passé dans l’assemblée.

Et Dom Helder était visiblement heureux. Je lui ai dit qu’il y avait certainement des délateurs dans l’assemblée. Alors dans son homélie il a prononcé ces paroles : « On m’a prévenu qu’il y avait des délateurs parmi vous. Alors je vous dis : écoutez bien tout ce que je dis et rapportez-le à vos supérieurs ». A l’époque, la police avait expulsé un prêtre italien. Dom Helder y a fait allusion : « Qui sont les vrais brésiliens ? Ce prêtre venu servir le peuple au Brésil, ou les autorités qui l’ont expulsé ? Voyez le frère Michel ici. C’est lui et des gens comme lui qui méritent la citoyenneté brésilienne ! »

Aussitôt après la messe, le pasteur a emmené l’évêque, sans que personne ne s’en rende compte. Un quart d’heure plus tard est arrivé un groupe de militaires : « Nous avons su que Dom Helder était ici. » Réponse : « Mais non, il n’est pas ici. » Ils ont palabré un peu, puis sont repartis furieux. Il n’y a pas eu d’autres conséquences.

En 1972 la fraternité de Taizé a quitté le diocèse de Recife pour déménager à Vitoria, plus au sud, puis six ans plus tard elle est remontée pour se fixer où nous sommes maintenant, à Alagoinhas, près de Salvador de Bahia. Mais chaque année j’ai continué à donner un cours à l’Institut de théologie de Recife, et j’avais chaque fois des rencontres avec Dom Helder.

Du cardinal Marty, archevêque de Paris de 1968 à 1981  : "Un personnage hors du commun"


Dom Helder, non seulement par ce qu’il fait, mais par ce qu’il est, est un personnage un peu extraordinaire, toujours en mouvement, toujours en recherche, toujours en découverte, une intelligence très vive… Il va toujours au devant de la pensée de l’autre, il ne vous laisse même pas le temps d’expliquer, et il scrute toujours l’événement d’une manière impitoyable. Ses yeux sont pétillants, on le sent toujours avide de saisir, de comprendre, de dire ce qu’il a vu, ce qu’il a saisi. Et toujours il décortique les paroles que vous dites comme les événements dont il parle à la lumière de l’Évangile. Parce qu’il est très rapide, il ne faut pas dire qu’il n’écoute pas. Non, il écoute toujours, mais il écoute vite, il écoute rapidement. Les mots, les expressions, les idées sont saisies avec lui comme au vol. Ses gestes sont légendaires. Il parle autant avec ses mains, avec ses yeux, qu’il parle avec sa bouche. Il est vraiment un personnage qui, déjà par ce qu’il est, par son maintien, est un personnage hors du commun…(Sur France Inter, 1977)

►De Maurice Béjart, Chorégraphe, à propos d’un ballet dont la seconde partie est inspirée d’un argument proposé par Dom Helder : « Un personnage lumineux »


Le ballet Messe pour le temps futur est inspiré par un personnage lumineux de notre époque, un homme de foi et de charité, un homme qui a de l’humour et de la sensibilité, dom Helder Camara. L’archevêque de Recife est un homme admirable, qui rayonne de fraternité et est tout le contraire d’un fanatique : savez-vous qu’il a reçu l’an dernier le grand prix du bouddhisme au Japon ?... C’est Dom Helder Camara lui-même qui a fait la demande de venir me trouver. C’est lui qui est venu me voir à Genève, alors qu’on dansait Wien, Wien, nur du allein, et il m’a apporté un argument de ballet. Cet argument de ballet m’a tout d’abord un peu surpris, amusé, un peu choqué aussi et puis je lui ai répondu que c’était plutôt pour un film et que je ne voyais pas ça en ballet. J’ai lu des œuvres de lui, des petits textes, de très courts poèmes qui m’ont paru avoir beaucoup de force et beaucoup d’humour, qui m’ont inspiré. Et puis, en reprenant l’argument du ballet, ayant déjà commencé à travailler sur l’ouvrage, j’ai vu qu’il y avait là quelque chose de très intéressant. Je l’ai un peu modifié et je m’en suis servi quand même. (La Libre Belgique, 10-11 septembre 1983 et 2 7 avril 1984).

Du P. Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD Quart Monde : « Sa fidélité sans faille »


Ce qui m’attache à Dom Helder Camara et me fait accepter son message, c’est que tous les combats qu’il a menés pour la justice, il les a toujours conduits au nom de l’Évangile et en communion profonde avec l’Église. Il a évité le piège qui aurait fait de lui une figure de proue dans les combats du monde mais dans lesquels les siens ne se seraient pas reconnus. Il est clair que certains ont cherché à le mettre en porte à faux vis-à-vis de l’Église et à l’utiliser contre elle. D’autres ont transformé son message pour en faire une cause purement humaine et politique. Mon attachement à Dom Helder Camara vient de ce qu’il s’y est toujours refusé, proclamant la bonne nouvelle de l’Évangile et parlant en accord profond avec l’épiscopat. C’est d’ailleurs cette fidélité sans faille à sa mission d’évêque qui lui attira la confiance des pauvres qui firent de lui leur porte-parole à travers le monde. Pour moi, prêtre, Dom Helder Camara est cet homme d’Église qui affronte tous les périls par fidélité à sa mission d’évêque. (10 février 1984, témoignage à l’occasion des soixante quinze ans de Dom Helder)

►De l’Abbé Pierre, fondateur des Communautés d’Emmaüs : Souvenir


La première fois où j’ai rencontré Dom Helder… Je n’allais pas le voir. J’allais au Brésil lorsque Emmaüs commençait. Un conseiller de l’ambassade de France m’a dit : ‘Il faut absolument rencontrer Helder Camara’. Il venait d’être fait archevêque. C’était paradoxal : il était archevêque, mais il n’était qu’auxiliaire d’un cardinal qui avait la curieuse idée de s’appeler aussi Câmara… Je vais, accompagné par le conseiller d’ambassade. Nous avons eu une demie heure de conversation et à la sortie, je m’en souviens très précisément, j’ai dit : ‘J’ai l’impression d’avoir rencontré un Curé d’Ars devenu archevêque et capable de l’être’... (Souvenir recueilli, parmi d’autres, lors d’un entretien à Paris le 17 décembre 2002)

►De la reine Fabiola, épouse du Roi Baudouin de Belgique (1930-1993) : « Depuis sa première messe… »


Chaque fois qu’il venait en Belgique, il venait célébrer la messe chez nous. La nuit, au lieu de se coucher, il demandait une chaise un peu haute et dormait devant le Saint-Sacrement, la tête posée sur l’autel.

II nous disait que Dieu, étant le Créateur de toutes choses, répartissait ses richesses entre les hommes de manière visible et invisible ; que lui-même avait été très pauvre et que n’ayant pas pu dormir dans un lit pendant son enfance, il dormait dans un hamac, ce qui, disait-il non sans humour, avait aplati son crâne.

Mais il ajoutait qu’après sa première messe, Dieu lui avait donné toujours la même intensité, le même feu, et la même adoration du Père et de la Trinité, de sorte que durant toutes les années de sa vie, il n’avait jamais été distrait pendant aucune de ses eucharisties et que jamais elles ne lui avaient paru tièdes.

II disait qu’aucun magnat au monde n’avait reçu pareille richesse, et d’ajouter : ’Je n’ai pas à demander à mon Seigneur pourquoi il m’a fait si riche’. Il fallait tout simplement accepter cette abondance.

II disait aussi que si Dieu nous a donné l’esprit avec le corps, celui-ci devait refléter la joie et les dons de Dieu en nous et qu’il devait être un instrument qui s’exprime dans des gestes d’amour et d’accueil, d’humilité et de joie dansante, d’exultation dans la liberté des enfants du Père. Et il dansait littéralement.

A la consécration, au moment de l’élévation de l’hostie, il était presque en pleurs : c’était par reconnaissance pour l’amour de Dieu. (Lettre à l’association DHMA, 2003).

Dom Helder Camara - Mémoire et Actualité
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